Un laboratoire américain a perdu une fiole contenant du virus mortel Guanarito!!

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Dans un communiqué daté du 23 mars, l’école médicale de l’Université du Texas a révélé qu’une fiole contenant un micro-organisme potentiellement mortel, le virus Guanarito, avait disparu de son laboratoire hautement sécurisé.

Le virus Guanarito est un micro-organisme qui peut être mortel pour l’homme. Celui-ci est à l’origine de ce qu’on appelle la fièvre hémorragique du Venezuela identifiée pour la première fois en 1989. Cette maladie se manifeste sous la forme d’une fièvre élevée, d’un épuisement physique, de convulsions et d’hémorragies au niveau des muqueuses : bouche, yeux, nez, anus. Dans 30% des cas, ceci entraine la mort du malade. Toutefois, pas de raison de paniquer puisque le virus ne se transmet que de rongeur à humain par contact avec des déjections ou de la salive, et ne pourrait passer d’un humain à un autre.

Selon les détails dévoilés, la fiole contenait « moins du quart d’une petite cuillère de virus » et se trouvait normalement dans le congélateur fermé à clé du laboratoire. En effet, ce dernier est particulièrement protégé car classé en « P4 ». Cette appellation est réservée aux locaux susceptibles d’abriter des micro-organismes très pathogènes et très dangereux (taux de mortalité très élevé en cas d’infection, absence de vaccin protecteur, etc.) et qui demande donc une sécurité accrue.

Mais lors d’une inspection qui s’est déroulée le 20 et 21 mars, les équipes n’ont pu mettre la main sur la fameuse fiole qui avait disparu du congélateur. Une absence qui causé le démarrage d’une enquête. « Le système de sécurité des locaux n’a pas été forcé et il n’y a pour le moment aucun signe de méfait« , a expliqué le président de l’école médicale de l’Université du Texas, David Callender cité par le Huffington Post.Ainsi, « il est fort possible, mais cela reste à confirmer, que la fiole ait été détruite au cours d’une procédure classique de stérilisation« .

Comme l’explique Scott Weaver, le directeur scientifique du laboratoire, il est parfaitement possible que la fiole se soit collée à un gant, qu’elle se soit brisée au sol et que le virus ait été détruit par la procédure de nettoyage et de décontamination classique du laboratoire. « Nous ne pensons pas que quoi que ce soit qui est arrivé la semaine dernière mette en danger la communauté. Nous croyons qu’il s’agit d’une erreur qui est inévitable dans n’importe quel établissement et nous allons nous améliorer afin d’éviter ceci à l’avenir« , a ajouté le directeur au Houston Chronicle.

Reste que cette disparition a de quoi poser des questions sur la sécurité des laboratoires qui peuvent contenir des souches autrement plus dangereuses et contagieuses. Un débat qui avait notamment déjà été soulevé lorsque des chercheurs avaient annoncé en 2012 la création d’un supervirus H5N1.

Par ailleurs, comme l’explique Slate.fr, il semblerait que ce ne soit pas la première fois qu’un rapport trahisse les défauts de sécurité des laboratoires américains, tout simplement parce qu’il n’existe pas de réelles normes dans ce domaine. Ce facteur rend ainsi difficile l’évaluation des laboratoires en matière de sécurité.

« Chaque laboratoire peut être conçu, construit et entretenu selon les exigences locales. Cela rendra très difficile l’évaluation et la garantie de la sécurité« , concluait en 2009 dans une étude le Government Accountability Office (GAO).

 

Slate, Gentside, Alvinet

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